mardi 9 juillet 2019

A DECOUVRIR



Un grand choc vendredi dernier à Champs sur Tarentaine dans le Cantal. Nous nous y étions rendu pour assister au concert du guitariste/Oudiste Titi Robin en duo ce soir là avec le formidable Roberto Saadna lorsque sur le coup des 18h30 grand choc... Une voix, des mots... Précipitez vous sur internet et tapez (pas trop fort) A.C Hello (c'est son vrai nom) Une poète sonore performeuse à découvrir absolument... En fouillant un peu sur le net vous y trouverez aussi ses enregistrements avec Quentin Rollet, Jackie Berrocal... Que du bon.

mardi 29 janvier 2019

SOUVENIR...


Védignac.


Il existe dans le tréfonds de ma mémoire un petit hameau perdu au milieu des pins, avec une mais on emplie de mes souvenirs.
L'été peut y être torride et les hivers rigoureux.
La neige n' est pas souvent au rendez vous de Noël mais lorsqu'elle se décide à faire une apparition, sortez les bottes, les gilets de laine, chargez à fond la vieille cuisinière ventrue de morceaux de châtaigner, de vieux fayards odorants... Inutile aussi de songer à sortir la 4L Renault du garage, une chape de blancheur le recouvre. Même le chien n'ose pas s'aventurer plus loin que le bout de la terrasse. Il marque néanmoins son territoire... Les chats ont disparu dans les méandres des caves (ce n’était pas encore la mode des « cajachats » et des croquettes survitaminées pour « bobos-minous-bio-vegan »!). Seule une vieille chatte grise a élu domicile sur une antique chaise branlante. On ne la voit jamais bouger, elle ressemble à un vieux coussin élimé, le son régulier d'un ronron mécanique est le seul indice nous prouvant qu'elle vit encore, mais la nuit sans doute... Dans cette vieille maison ça sent la chaleur du bois brûlé, de la soupe qui mijote sur la vieille cuisinière, le café bouillu, le sucré, le Calme.
L'été il y fait chaud, très chaud. Les volets sont tirés, les fenêtres ne sont jamais closes, la porte grande ouverte avec un rideau constitué de lamelles plastiques multicolores tente de stopper mouches, guêpes et autres insectes volatiles... Malheureusement la nuit les moustiques s'invitent et seules quelques énergiques giclées de « Fly Tox » nous procureront quelques heures de repos.
Il faut se lever tôt, parfois avec le soleil, pour descendre au jardin situé dans la petite vallée, au milieu des pins, avec deux arrosoirs pleins car de la petite source attenante, il ne s'écoule l'été qu'un fil tenu d'eau fraîche et claire, pour rafraîchir les tomates, les haricots... Il nous faut ensuite remonter, la pente est raide car souvent les arrosoirs sont lestés par quelques légumes. A midi nous nous régalerons avec une bonne salade de ces tomates fermes et dodues, l'heure n'est pas encore aux cœurs de bœuf ou autres grappes italiennes. De simples tomates rouges et rondes comme les joues d'une belle jeune fille souriante.

Les années se sont succédées comme des étoile anonymes, on ne lève plus les yeux vers le ciel, notre nuque douloureuse admire nos chaussures et nous ne savons plus quelle est la destination, notre destination . L'enfance est déjà loin dans la brume, il ne reste plus que quelques images noir et blanc, et la chimie peu à peu estompe la mémoire. L'odeur des pins est encore tenace à mes narines et je sens encore la grosse main calleuse de mon grand père enveloppant la mienne. Il est tôt ce matin là et nous empruntons la calade, les pierres sont disjointes, usées par les roues des charrettes et les fers des chevaux. Nous traverserons ensuite un petit bois, le son de nos pas sera amorti par un tapis d'aiguilles sèches. La route goudronnée nous attend sur l'autre versant. Encore un petit kilomètre et se sera le village, le portail de l'école se refermera alors sur mes rêves. J'ai six ans et déjà la liberté me manque.
Plus tard la ville, les villes...
Aujourd'hui il neige sur cette cité qui m’indiffère, mais l'odeur fraîche de la neige me transporte dans le temps, dans un autre temps. Vers une soirée de décembre où grand père et moi marchons sur la route. Le chien est déjà loin. Il rentrera plus tard et ira comme à son habitude se coucher sous le vieux buffet du salon. Silence... Nuit... Solitude... Bonheur.

Il ne reste plus rien si ce n'est dans la mémoire, de notre disque dur, de cette magie blanche. Ces instants merveilleux se meurent peu à peu dans notre méandre personnel neuronal. Comme les feuilles de ces marguerites aimées un peu ou à la folie. L'age efface les bonheurs, les regrets apparaissent.
Que vais je devenir dans les mois, les années futures ? Il est loin le temps de la neige et du chien Youri. Je ne me retrouve plus dans ce monde obscur . Tout m'est étranger. Est ce cela la fin ?

La Plaze 30.12.2018 / 29.01.2019





vendredi 11 janvier 2019

IMPROVISATION PICTURALE

Le 10 janvier dernier, quelques coups de crayon sur une feuille de papier, un peu de pastel gras, un chouia d'huile de lin et voici "Soleil Vert".

LE FLIPPER . UN JEU OUBLIE...?

Il y a quelques décennies, lorsque vous entriez dan un bistrot, il y avait trois "choses" que l'on retrouvait partout, de Lille à Montélimar comme de Strasbourg à Brest: la première le zinc, avec son percolateur et sa pompe à bière. Hormis le zinc ces deux derniers survivent encore malgrés les canette en alu et les cafetière "Sans Céo" ou autres machines produisant du caoua capsule infect, la seconde le juke Boxe, celui ci a disparu au profit des écrans plats qui occupent un pan de mur et diffusent BFM ou autres robinets à clips infects, la troisième le baby foot exaeco avec le billard et le flipper! Certains troquets avaient les 3! De nos jours ces objets de plaisir, solitaires ou en groupe ont disparu. On ne se retrouve plus autour, du baby à refaire la coupe du monde, ni autour du billard à se rêver américain en essayant de ne pas déchirer le tapis, ni encore moins à s'agiter voire même s’exciter devant un flipper en agitant frénétiquement les doigts, les mains sur les petits boutons rouges latéraux, secouant l'engin et enfin, telle une frénésie sexuelle remuant du bassin devant la machine tel Elvis Presley devant son public... La semaine dernière, lors d'une promenade avec une amie et des enfants dont elle avait la charge cet après midi là, nous sommes entrés dans un petit bistrot de la petite ville Cantalienne de M...... pour nous réchauffer d'un chocolat agrémenté d'une brioche aux pépites de chocolat (miam miam)  Et là ho miracle au milieu du dit troquet: un flipper! Ne regardant pas à la dépense j'ai sorti de mon petit porte monnaie mes derniers euros disponibles, et avec les enfants nous avons fait quelques parties. Pour moi un retour dans le passé (ha nostalgie de l'époque où avec les copains nous nous retrouvions place du théâtre à Lille au café "La Cloche" pour d'interminables parties) et pour les enfants une découverte! Voici donc deux images de cet instant.

 

lundi 17 décembre 2018

ÉLOGE DU TROMBONE!


 
Éloge du TROMBONE.


Quoi que puisse dire toute la musicologie , il n'est rien d'égal au TROMBONE :
C'est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans TROMBONE n'est pas digne de vivre.

Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les bronches des asthmatiques , et l'on apprend avec lui à devenir honnête souffleur.
Ne voyez-vous pas bien, dès qu'on en joue, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d'en donner à entendre partout où l'on se trouve ?

On n'attend pas même qu'on en demande, et l'on court au-devant du souhait des gens : tant il est vrai que le TROMBONE inspire des sentiments d'honneur et de vertu à tous ceux qui l'écoutent et surtout à tout ceux qui en jouent !

(d'après Mr Molière Préambule « Don Juan »)





samedi 15 décembre 2018

UN FRELON DANS MON YAOURT!


« Un Frelon dans mon Yaourt ! »


Petite pochade en 1 acte pour 3 personnages


Par Sylvain Perge




Personnages :


Le présentateur


Le reporter Sylvestre Ratineau 


La tragédienne Emilienne de La Chaumeray


L'action se déroule comme une émission de télévision avec le présentateur qui annoncera les sujets, assurera les transitions et le lieu ou se trouvent le reporter et l'invitée de l'émission.


Le plateau sera divisé en deux parties, sans accessoires, les comédiens joueront debout.


Il s'agit d'un reportage sur une comédienne ayant au faite de sa gloire décidé par amour de se retirer dans un petit village Corrèzien.


Musique Générique des Dossiers de l'écran

Le présentateur :

(debout comme s'il était face à une caméra) 

Bonsoir, et bienvenue sur Canal 134 pour le 12éme numéro de votre émission « De l'Art dans les Mots », aujourd'hui consacrée à une grande dame de la scène, j'ai nommée Emilienne de La Chaumeray.(un silence). D'Emilienne de La Chaumeray, de son vrai nom Simone Tarpion, nous ne savons que très peu de choses.Elle entretient avec férocité le mystère autour de ses origines. Est-elle comme certains le prétendent la fille cachée d'un président de la république qui aimait , selon la légende, rendre des visites nocturnes à ses maîtresses, portant des culottes, des bottes de motos, un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos chevauchant une superbe Motobécane d'une cylindrée de 350 cm3, bi cylindres ? Ou celle d'un modeste forgeron des Côtes d'Armor, anciennement Côtes du Nord, venu à la capitale pour le 17éme congrès de l’association des « Joyeux Fers à Cheval » ? Nous ne savons qu'une chose, que sa mère, sous le surnom de « Petite verrue », parce-qu’elle avait sur la fesse droite un bouton de naissance, était ouvreuse aux « Folies Bagatelles » cabaret interlope du 18éme arrondissement. Ce qui sans doute suscita en elle l'envie de faire carrière dans le milieu du spectacle vivant. Mais soyons nets, courts et concis :
Il y a quelques jours, notre reporter Sylvestre Ratineau l'a rencontrée et avec l’opiniâtreté qui lui est coutumière, a réussi à fendre, disons plutôt à modestement ébrécher le mystère entourant cette grande dame.Mise en confiance elle s'est peu à peu ouverte à la confidence et a même offert à Sylvestre la primeur de l'un de ses nouveaux textes.
En effet, cette grande artiste, malgré son âge avancé, ne ménage pas sa peine. Elle bouillonne de projets. Les répétitions de son nouveau spectacle, un récital de poésies ont débuté au mois de janvier dernier . Dans ce nouveau projet elle a décidé de s'attaquer au théâtre social et de rendre hommage à un auteur méconnu Jean Racine. Dans un ensemble de textes elle dénonce l'absurdité matérialiste et intrinsèque de la société.
Mais tout d'abord retrouvons là avec Sylvestre Ratineau pour une discussion à bâtons rompus.

Sylvestre Ratineau : 

(face au public comme s'il était face caméra):
Chers amis bonjour ! Une fois n'est pas coutume ce n'est pas de nos studios que je vous propose ma rubrique « Rencontre avec des gens extraordinaires » mais du fond de la province dans un charmant petit village de Corrèze fleurant bon la bouse de vache, le lisier, et répondant au doux nom de St Ambroise les Mirabelles. Depuis quelques années la vie de cette charmante et paisible petite bourgade de 350 âmes a été disons le mot « chamboulée » par l'arrivée en ses murs d'une artiste, d'une comédienne, qui, après avoir connu le succès à la capitale, côtoyé les plus grands, a décidé de se mettre au vert ! Mais sans pour autant abandonner ce métier, ce sacerdoce qui lui a apporté tant de joies, de peines aussi, elle a monté un petit atelier théâtre,afin de partager son savoir, sa passion pour les planches avec les autochtones. Je vous propose donc une rencontre avec ce personnage hors du commun.

(Il se tourne vers Émilienne qui se tient à ses côtés

minaudant)

Émilienne de La Chaumeray bonjour et merci de nous accueillir alors que le temps vous est compté, que les minutes vous sont précieuses à quelques heures de la générale.

Émilienne : Bonjour ! Tout le plaisir est pour moi.

Ratineau :Mais non pour nous !

Émilienne : Mais non pour moi !

Ratineau : Enfin nous sommes contents d'être avec vous ! Avant d'évoquer vos projets actuels, pouvez vous nous dire ce qui vous a attiré ici, à St Ambroise les Prunes.

Émilienne : Les Mirabelles.

Ratineau : Quoi les mirabelles ? Les fruits ?

Émilienne : Non, ici c'est St Ambroise les Mirabelles .

Ratineau : Bon d'accord ! Allez on enchaîne on coupera au montage.

Émilienne : Ah non il n'en n'est pas question ! As de censure, faut assumer mon petit gars. Et puis on ne retravaille pas les propos d’Émilienne de la Chaumeray ! Je sais comment vous fonctionnez vous les journalistes, on vous parle, on vous fait confiance, on se dévoile, on se met à nu et hop vous ne gardez de nos propos que ce qui vous intéresse et de préférence le malsain !

Ratineau : Bon là je crois que l'on s'égare ! Donc qu'est ce qui vous a attiré à St Ambroise les Mirabelles ?


Émilienne : Vous savez après une carrière comme la mienne, il était temps pour moi de me renouveler, de prendre un nouveau départ.

Ratineau : En somme vous avez quitté le pays du vaudeville pour celui du eau sous la mère...

Émilienne : Oui, il me fallait donner une nouvelle orientation à mon art.

Ratineau : Pourtant il semblerait qu'à la lecture d'articles parus dans la presse spécialisée à l'époque, que votre étoile commençait sérieusement à ternir . Votre dernier passage sur scène, dans une adaptation du Médée d'Euripide, signée Samuel Béquette « Un Frelon dans mon yaourt ! » n'a pas provoqué l'hystérie dans le public. Trente représentations au petit théâtre de poche St Ursule, avec une moyenne de 8 spectateurs, comment appelez-vous ça ?
Émilienne : Monsieur apprenez que dans ce milieu il ne faut jamais se fier aux chiffres, et surtout aux critiques ! Peu de spectateurs, certes, mais des personnes de bon goût !

Ratineau : Oui mais les chiffres remplissent les caisses, tandis que le talent seul, parfois... Parlons plutôt de votre décision de quitter les lumières de la capitale pour les lampions de St Ambroise, il me semble avoir ouïs dire qu'un certain Alphonse n'était pas étranger à cette décision.

Émilienne : On ne peut rien vous cacher. Oui ALPHONSE ! Ah ce cher ALPHONSE ! Il faut que je vous narre ces cocasses circonstances qui...

Ratineau : Cessez donc ces assommantes assonances et narrez nous !

Émilienne : Donc, après une journée de répétitions de la pièce « Les castagnettes en folies » montée par mon fidèle ami Grégoire de Montalenvers, j'avais décidé de, comment dire, me mettre au vert (huhuhu) pour quelques heures. Et comme à deux pas de mon domicile se tenait le salon de l'agriculture... J'arpentais les allées du salon, le cœur ouvert à l'inconnu (hihihi) lorsque je le vis. Il se tenait droit, impérial, majestueux devant l'enclos de « Papagayo » son goret ! Pensez un animal frisant le quintal ! Nos regard se croisèrent et à cet instant là... mais je ne peux vous en dire plus, de peur d'être inconvenante ! Ni une ni deux, à l'issue des représentations des « castagnettes » je fis mon maigre bagage et débarquais chez Alphonse.

Ratineau : Je crois que ce ne fut pas long car la pièce ne tint pas l'affiche dix jours, si on s'en réfère à la presse... Et il me semble également que vous avez dû verser un dédit assez important à votre producteur pour n'avoir pas tenu vos engagements sur un projet...

Émilienne:Fi donc des chiffres ! Cet instant là seul l'AMOUR comptait pour moi. Vous faites sans doute référence à ce projet « de le blédine dans le couscous »de Shazaman Al-Rachid, mais mon cher ami revoyez donc vos sources, cette pochade a été abandonnée de peur de heurter quelques sensibilités confessionnelles que je ne citerais point ici. Pour revenir au but de ma venue à St Ambroise, Alphonse est un être merveilleux, il a su révéler en moi la jeune fille innocente qui sommeillait, avec lui je suis devenu une femme. Et pensez au plaisir qu'il y a à arpenter la porcherie à son bras au petit matin, toutes ces odeurs boisées, naturelles, vivantes... Et le soir, hein le soir, lorsqu'il rentre à la maison et que je l'attends près du Cantou où, dans la marmite, mijote une bonne grosse soupe comme il les aime, mon Alphonsounet, ha ouiiiii ;, j'aime son odeur fauve, virile, sa transpiration, ses bras, son torse, ses... son... (elle devient hystérique)

Ratineau : Bon et bien je crois que nous allons en rester là pour le moment. On se retrouve pour la suite...

Émilienne : ( elle s'accroche à son bras et d'une voix rauque, style feulement...) OUIIIIII....

 



(Retour côté présentateur)

Le présentateur : Étonnant non ? Nous allons maintenant poursuivre avec un extrait de la répétition qui a suivie, toujours réalisée par notre intrépide reporter, dans les locaux du foyer des anciens de St Ambroise les Mirabelles, foyer portant le nom nostalgique d'Espace Jean XXIII. Ha on vous parle d'un temps que les moins de
Mais revenons à nos moutons si on peut dire...

Emilienne : Jean Racine dit « Petit Louis » poète et auteur dramatique (1926/1992). Tout d'abord apprenti il poursuivit une carrière de mécanicien, en tant qu'ouvrier spécialisé en remodelage de joints de culasse au garage Merkel, tout en s'adonnant à sa passion pour l'écriture. On lui doit notamment « Embrayage et petites fumées », « vas y freine ça frotte », « Des boulons dans le carbu » et surtout l'ébauche du « Grand embouteillage » dont l'idée fut honteusement reprise par un obscur cinéaste italien dont nous ne citerons point le nom (ha le fourbe!). « le joint perfide » reste une référence en la matière par son écriture prenant pied dans les coulisses du réel.Certainement l’œuvre maîtresse de cet auteur malheureusement occulté par l'ombre d'un homonyme. Tous ses écrits furent portés sur scène par « La troupe des Joyeuses clés de Douze » de Bougival. Il est également l'auteur d'une cinquantaine de poèmes qui furent édités à compte d'auteur par sa veuve sous le titre de « Ton visage dans le cambouis ». C'est de ces écrits méconnus que s'inspire le spectacle que je vous propose ce soir. Que justice lui soit enfin rendue. Merci.

« Le joint Perfide » de Jean Racine.

Elle s'appelait Mercédes et avait de la classe,
C'est pour ça qu'entre elle et moi il y eut un flash,
mais cette traîtresse, cette dégueulasse
Cachait le mal sous son air bonasse.

Deux cent mille au compteur, ce n'est rien pour un diesel
Ce véhicule est pour nous vraiment providentiel,
Nous pourrons Francette et moi foncer vers Marseille
Et passer le mois d'août à nous dorer au soleil.


Mais hélas alors que nous foncions vers Tarascon
Un sinistre bruit se fit entendre, claquement de piston
Et ce fut à l'allure d'un limaçon
Que nous atteignîmes honteux le garage Purgon

Ce garagiste avisé n'eut point besoin d'une heure
Pour diagnostiquer la cause de not'malheur
Retroussant ses manches il joua le bon docteur
Ne ménageant ni sa peine, ni sa sueur...

Le soir venu nous reprîmes la route
Le compte en banque en légère déroute
Mais le cœur lèger, toute peine absoute
car quand on aime on ne regarde pas à c'que ça coûte !

Un joint de culasse,
C'est bien plus cher qu'des essuies glace,
On en trouve même à Pézenas ,
Dans tous les cas ça se remplace
Un joint de culasse !


(Retour côté présentateur)

Le présentateur : Pour conclure cette émission nous vous proposons maintenant un document très rare. En effet,
grâce à la veuve du grand Samuel Béquette, qui nous a hélas quitté dernièrement,victime d'une malencontreuse chute dans les escaliers glissants des toilettes des « Folies Bagatelle », nous avons pu nous procurer une captation vidéo de l'une des dernières prestations parisiennes d’Émilienne de la Chaumeray. Sur la scène du petit théâtre de poche St Ursule devant un public de connaisseurs, elle avait accepté, pour animer le congrès annuel de l'association des podologues Auvergnats, qui comme on le sait vouent une véritable admiration pour le pied grec, de reprendre le rôle de Médée. Son interprétation, si proche de la Duse, de Sarah Bernard, de la grande Eugénie de la côte flottante, de Zaza napoli et de tayta Yoyo ne vous laissera pas indifférent .
L'action se situe à Corinthe, peu après les vendanges.

Médée : Vêtue d'une grande robe style toge sur laquelle est passée un tablier de boucher taché de sang, apparaît du fond de la scène. Au bout de son bras un couteau.
Elle s'avance vers l'avant scène où sur un guéridon sont disposés un yaourt de brebis au miel et une petite cuillère.

Elle progresse la tête haute, conquérante, altière.

A mi chemin elle laisse tomber le couteau.

Arrivée devant le guéridon elle se saisit en un grand mouvement de bras (gauche) du pot de yaourt, elle l'observe avec gourmandise, avec la main gauche elle se saisit de la petite cuillère.

Impériale, elle plonge la petite cuillère dans le pot, la porte à sa bouche.

Elle s’interrompt alors que celle-ci est à quelques millimètres de sa bouche, elle louche sur la cuillère, tétanisée...

Elle laisse tomber l'ensemble sur le sol avec un grand cri :

RH ! (deux secondes) il y a un frelon dans mon yaourt !

Un temps puis noir 


Générique Dossiers de l'écran